‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 265 sur 345 · LA THÉORIE DE FERNEL · texte numérisé non relu

LA THÉORIE DE FERNEL

entre les ventricules du cerveau. L'un était le siège de la sensibilité, le second celui de l'imagination, le troisième celui de l'intelligence, le quatrième celui de la mémoire.

Tel était l'état de la question à l’époque où écrivait Fernel. Il avait à choisir entre les localisations hypothétiques que les modernes avaient établies, uniquement par voie de raisonnement, et les vues plus générales et plus scientifiques à la fois de Galien. Son choix ne pouvait être douteux : il reprit et compléta les idées de Galien, et réfuta les erreurs des Arabes, en montrant, dans deux chapitres très nourris !, que « les principales « facultés de l'âme ne sont pas distinctes quant à leur « siège ». Fernel ne diseute même pas l'opinion d’Aristote relativement au cœur. Pour lui, il n'y a pas le moindre doute : « Le cerveau est le siège particulier «et l'instrument propre de l’âme sensitive ?. » Mais les fonctions s'y accomplissent de différentes manières : «La « substance molle ou dure du cerveau est le siège de la « mémoire et l'organe de la perception externe ; son « tempérament, sa quantité, sa figure, en même temps « que l'esprit inné, servent au sens commun, à l’imagi- « nation et au souvenir. » Si l'on traduit en langage moderne ces dénominations un peu vagues, cela veut dire que le cerveau tout entier est un organe de réceptivité, et que les opérations actives dépendent des réactions nerveuses ou chimiques dont 1l est le théâtre, de sa forme et de sa constitution intime. C’est surtout dans l'appétit que se déploie l’activité cérébrale. La sensation et le mouvement, l’une cause, l’autre résultat de l’appétit, se produisent au moyen des esprits animaux. Ceux qui

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