‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 267 sur 345 · NERFS SENSITIFS ET NERFS MOTEURS · texte numérisé non relu

NERFS SENSITIFS ET NERFS MOTEURS

galénique. Galien, persuadé qu’à une différence de fonctions devait nécessairement correspondre une différence de structure, avait été porté par cette idée préconçue à classer les nerfs d’après leur dureté relative. Tous ses successeurs l'avaient suivi dans cette voie, et Fernel, qui d’ailleurs n'était pas un grand anatomiste, a adopté comme les autres cette opinion.

Mais, s’il s’en rapporte à Galien sur la question de fait, il trouve que l'explication est insuïlisante, et que la différence de texture des nerfs n’est pas toujours en rapport avec leur rôle. « Par exemple, dit-1l, les nerfs de la « sixième paire, qui servent au tact, et qui se rendent « aux viscères, à la peau, aux extrémités du corps, sont « beaucoup plus durs que ceux de la seconde paire, qui « sont moteurs des yeux, et cela dès leur origine !. » La dureté plus ou moins grande des nerfs n'est donc pour rien dans la différence de leurs propriétés. Cette différence vient de leur composition. Que faut-il entendre par là? La masse du cerveau est dans un état d’agitation continuelle, mais elle est insensible ; au contraire, les

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méninges qui l'entourent, surtout la dure-mère, sont immobiles par elles-mêmes, mais très sensibles. Galen l’affirme, l'expérience le prouve, l'issue des maladies le démontre. Dans le délire et la frénésie, qui sont dus à un phlegmon de la substance cérébrale, dans l'engourdissement et la léthargie, qui en sont une putréfaction, on n’observe pas de douleur ; au contraire, le moindre épanchement, la momdre inflammation dans les méninges

« essentielle entre les filets centripètes et centrifuges ; car il n'y a pas « de différence anatomique essentielle entre les nerfs reconnus sensitifs «et les nerfs moteurs » (Küss et Duval, Cours de physiologie, p. 28. — J.-B. Baillière, 1863).

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