NERFS SENSITIFS ET NERFS MOTEURS
galénique. Galien, persuadé qu’à une différence de fonctions devait nécessairement correspondre une différence de structure, avait été porté par cette idée préconçue à classer les nerfs d’après leur dureté relative. Tous ses successeurs l'avaient suivi dans cette voie, et Fernel, qui d’ailleurs n'était pas un grand anatomiste, a adopté comme les autres cette opinion.
Mais, s’il s’en rapporte à Galien sur la question de fait, il trouve que l'explication est insuïlisante, et que la différence de texture des nerfs n’est pas toujours en rapport avec leur rôle. « Par exemple, dit-1l, les nerfs de la « sixième paire, qui servent au tact, et qui se rendent « aux viscères, à la peau, aux extrémités du corps, sont « beaucoup plus durs que ceux de la seconde paire, qui « sont moteurs des yeux, et cela dès leur origine !. » La dureté plus ou moins grande des nerfs n'est donc pour rien dans la différence de leurs propriétés. Cette différence vient de leur composition. Que faut-il entendre par là? La masse du cerveau est dans un état d’agitation continuelle, mais elle est insensible ; au contraire, les
Ps
méninges qui l'entourent, surtout la dure-mère, sont immobiles par elles-mêmes, mais très sensibles. Galen l’affirme, l'expérience le prouve, l'issue des maladies le démontre. Dans le délire et la frénésie, qui sont dus à un phlegmon de la substance cérébrale, dans l'engourdissement et la léthargie, qui en sont une putréfaction, on n’observe pas de douleur ; au contraire, le moindre épanchement, la momdre inflammation dans les méninges
« essentielle entre les filets centripètes et centrifuges ; car il n'y a pas « de différence anatomique essentielle entre les nerfs reconnus sensitifs «et les nerfs moteurs » (Küss et Duval, Cours de physiologie, p. 28. — J.-B. Baillière, 1863).
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