LES LOCALISATIONS D'APRÈS FERNEL
causent de cruelles souffrances. Or, d’après Fernel, la moelle allongée et les nerfs sont constitués par une partie centrale et par des enveloppes, qui ne sont que des prolongements de la substance cérébrale et des méninges . Il est donc naturel que les mêmes éléments soient doués des mêmes propriétés. La partie centrale de la moelle et des nerfs est motrice, leurs enveloppes sont sensitives ; et il faut bien qu'ilen soit ainsi, car, si le cerveau luimême est insensible, à plus forte raison la moelle qui en est issue, D'où lui serait venue cette propriété nouvelle, ou comment le cerveau pourrait-il lui transmettre une faculté qu'il n’a pas? Les nerfs sensitifs sont done ceux qui sont issus des méninges, ou qui leur empruntent la plus grande partie de leur substance. Les nerfs moteurs sont ceux qui ont leur origine dans la profondeur du cerveau ou de la moelle ?. D'après cette théorie, on voit quelles sont les fonctions spéciales que Fernel assigne à chacune des parties de l'appareil nerveux : « La partie antérieure « du cerveau est le principe et le siège de la sensibilité, « la partie postérieure celui du mouvement. Les méninges « sont l’origine du tact. Le cerveau, revêtu de ses enve- « loppes, est la cause efficiente de toutes les fonctions « animales Ÿ. »
Il y a certes dans cette physiologie bien des erreurs.
1. Il faut remarquer en passant cette erreur d'anatomie. Ce qui est vrai pour la moelle allongée, véritable prolongement du cerveau, ne l’est pas pour les nerfs, autrement constitués. D'ailleurs, il n'y a pas lieu d’insister sur les erreurs de cette physiologie. Elle ne nous intéresse que comme essai d'explication philosophique.
2. Tout le monde a cru, jusqu'à Vésale, à cette différence d’origine des nerfs, les uns venant de la substance du cerveau, les autres des méninges. C'est Vésale le premier qui a réfuté cette erreur (cf. Vésale, De hum. corp. fabr., 1. 4, ch. 1).