‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 275 sur 345 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

L'âme intelligente. — La raison. — L'intellect passif et l’intellect actif. — Les opérations intellectuelles. — La raison pure, poétique, pratique. — La volonté, — La mémoire intellectuelle, — Ses rapports avec la mémoire sensible. — Immortalité de l’intellect actif.

A l'âme végétative, principe de vie organique, et à l'âme sensilive, principe de sensibilité et de mouvement, s'ajoute chez l’homme l'âme intelligente, principe de pensée et de raison !. C'est elle qui distingue l’homme des animaux, et qui lui assure l'empire sur la création tout entière. C'est grâce à elle que, seul de tous les êtres vivants, 1l peut concevoir des notions abstraites et des idées universelles, pures de tout mélange matériel, de toute impression sensible. Ce caractère immatériel des objets de l'intelligence permet immédiatement de déduire a priori l'essence même de l'âme raisonnable. « Elle est «€ simple, indivisible, absolument indépendante de toute « malière et de tout corps; elle n'a besoin d'aucun ins- « lrument corporel: sans cela, elle serait en quelque « façon engagée dans le corps *. » Admettre que l'intelhgence dépende de quelque organe que ce soil, ce serait admettre quelque analogie entre la connaissance ration-

1. La terminologie de Fernel à cet égard est peu précise. Il emploie indifféremment les expressions « Anima intelligens, Intelligentia, Mens ». 2 Physiol., 5, éh:xr, au-début.

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