‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 278 sur 345 · SON IMMATÉRIALITÉ · texte numérisé non relu

SON IMMATÉRIALITÉ

sensitive, principe de vie organique, d'impressions affectives et de connaissance sensible. La psychologie moderne a fait voir l'erreur grossière de cette fausse induction, qui « remonte d'un phénomène à sa pure possibt- « lité, à sa puissance d'être ! ». Elle a signalé le vice radical d'une méthode qui « arrache les faits à la solida- « rité qui les unit, et surtout oublie les phénomènes au « profit des substances ? ». Tout ce qu'on peut dire à l'excuse de Fernel, c’est qu’il a appliqué la même méthode que tous ses contemporains, el que son ambition n'était pas de faire des découvertes n1 de fonder un système original, mais d'exposer avec ordre et clarté les idées généralement adoptées par les médecins de son temps. Passons donc condamnation sur la fausseté de son point de vue. L'essentiel est de bien comprendre son langage et sa pensée. Lorsqu'il attribue à l'intelligence l’immatérialité absolue et l'éternité, 1l veut parler non de l'intellisgence particulière des individus, ni même de l'intelligence humaine en général, mais de la raison objective et universelle, de l’âme raisonnable en soi, dont les opérations et les facultés intellectuelles ne sont que les manifestations et les effets.

Ce qui le prouve, c'est qu'il a associé à cette théorie idéaliste une explication sensualiste et empirique de la connaissance. Il est assez difficile de démêler exactement ce qui, dans ses idées, revient en propre à Platon, à Aristote et aux Scolastiques. Mais, du rapprochement de ces sources diverses, 1l a tiré une doctrine assez homogène, fondée sur la distinction de l'intelligence discursive et de la raison. Considérée en soi, la raison est indé-

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