FERNEL RENONCE AUX MATHÉMATIQUES
il se livre tout entier à la médecine, et fait trois parts de
son temps : l'une est consacrée à la pratique, l'autre à l’enseignement, la troisième aux études personnelles. Pendant dix ans, l’histoire de sa vie n'est autre que celle de ses œuvres: Il commença par expliquer publiquement Hippocrate et Galien. Les leçons qu'il faisait au collège de Cornouailles attiraient un grand nombre d’auditeurs, et sa réputation devint bientôteuropéenne !. Son enseignement dura six ans ; mais l'augmentation de sa clientèle le força à l’interrompre, tant étaient nombreux les malades qui venaient le consulter. Il trouva néanmoins le temps d'écrire et de publier son premier ouvrage de médecine, la Physiologie ?. La phrase par laquelle Plancy fait allusion à l'apparition de ce traité paraît indiquer que le succès n'en fut pas très vif, et qu'il trouva des contradicteurs #. Les mérites qu'il y relève sont la précision et la netteté des vues, la profondeur et l'étendue de l’érudition, qui rassemble dans un seul volume ce que les Grecs, les Romains et les Arabes ont écrit de plus
14. C’est ce que dit Planey. Le P. Daire écrit au contraire : « Ce fut « Sylvius (Jacques Dubois), qui le premier expliqua publiquement Hippo- « crateet Galien à Paris, et qui donna une méthode certaine d'enseigner «et d'apprendre la médecine. En 1535, il enseignait au collège de Tri- « quet pendant que Fernel faisait des leçons à celui de Cornouailles ; « mais celui-ci n'avait que peu d’auditeurs, pendant que Sylvius en « avait quelquefois quatre à cinq cents. Cette différence venait de ce « que Sylvius faisait des dissections, enseignait la préparation des « remèdes et démontrait la botanique, ee que Fernel ne faisait pas. » (Daire, Tableau de la prov. de Picardie, p. 136.)
2. Elle porte ce titre dans la Vie de Fernel, et dans les éditions complètes de ses œuvres. À son apparition, le livre était intitulé : J. Fernelii ambianatis de naturali parte medicinæ libri septem, ad Henricum Francisci regis Galliæ filium. (Parisiis, apud Simonem Colinæum, 1542.)
3. « in quo tam egregio opere, qualem se præstiterit, posteritas « livoris expers apertius fortasse prædicabit, »