‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 29 sur 345 · FERNEL APPELÉ À LA COUR · texte numérisé non relu

FERNEL APPELÉ À LA COUR

remarquable. Sollicité d'expliquer publiquement son livre, 1l y consentit, et fit pendant trois ans des leçons qui sy rattachaient. Il en fut de même de son Traité sur la saignée, qu'il composa immédiatement après !. C'est à cette époque (vers la fin de 1545 ou au commencement de 1546) que se place un événement qui à fort exercé la sagacité des commentateurs. Fernel était déjà médecin ordinaire du dauphin Henri depuis plusieurs années, mais ce n'était guère là qu'un titre honorifique *. Tout à coup, il fut appelé «par un ordre presque royal « (quasi edicto regio) pour une femme de qualité très dan - « gereusement malade ». Quelle était cette dame? Les éditeurs qui les premiers ont mis des notes marginales à la Vie de Fernel, par Planey, ont écrit à ce propos : « Reginam curavit... », et cette note a passé dans toutes les éditions suivantes. On est parti de là pour supposer que Fernel avait guéri la stérilité de Catherine de Médicis. C’est là une légende qui n’a aucun fondement. D'abord, Catherine de Médicis n'était alors que dauphine ; elle devint reine seulement en 1547 *. Ensuite, les expressions de Plancy ne sauraient s'appliquer à la stérilité ;

1, « J. Ferneli ambiani de vacuandi ratione liber. (Parisiis, ex officina « Christiani Wecheli, sub scuto basiliensi in vico Jacobæo et sub « Pegaso, in vico bellovacensi, 1545 ». C’est le livre qui, dans la Vie de Fernel et dans ses œuvres complètes, porte le titre de : De Venæ sectione.

2. I] l'était au moins depuis 1542, puisqu'il fait allusion à cette faveur dans l’épître dédicatoire du De naturali parte medicinæ.

3. Bayle (Dict. histor. el critique, art. Fernel), et surtout Goulin ({ouvr. cité, p. 331) ont longuement discuté la question de savoir si Fernel avait réellement guéri Catherine de Médicis de sa longue stérilité, et ils ont fait justice de cette légende. Voici l'essentiel de leurs arguments.

Plancy ne dit rien à cet égard (le passage qu'on a cité ne saurait s’y appliquer) ; et pourtant, il n'aurait pu ignorer cette cure extraordinaire,

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