LE RAISONNEMENT. — LA RAISON PURE
C’est la même faculté qui préside au raisonnement, consistant dans la comparaison de propositions qui expriment des jugements, comme le jugement consistait dans la comparaison de concepts. Enfin, au plus haut degré, la « faculté contemplative », ce que nous appelleons l'intuition immédiate, où d'un mot la raison, qui nous révèle les vérités premières, les principes nécessaires et absolus. Telle est la série complète des opérations, ou, pour parler comme Fernel, des facultés de l'intelligence : perception externe, appréhension (abstraction et généralisation), comparaison, Jugement, raisonnement, raison pure. Dans cette hiérarchie, chaque opération sert de forme à celle qui la précède, et de matière à celle qui la suit. La perception, encore mêlée aux sens, est le plus bas degré de la connaissance ; elle se distingue déjà de la sensation en ce qu elle est représentative, el que l'élément affectif y est réduit à un minimum ; néanmoins, elle n’est encore que la matière de l'intelligence. La raison, placée MHlautrenerxtrémité "dela Série, est forme pure, sans mélange aucun de matière ; elle a pour domaine les vérités universelles qui sont à la fois les principes de l'être et les principes de la connaissance, qui servent à toute démonstration sans pouvoir eux-mêmes être démontrés. Ces principes, l'esprit ne les induit pas des données sensibles, 1l ne les découvre n1 par lexpérience n1 par le raisonnement. Ils préexistent à toute expérience et à toute existence contingente ; 1ls sont la réalité même, et la raison qui les saisit d'une vue immédiate et intuitive s'identifie avec eux. Aussi, la science est-elle l'idéal de lintelhgence humaine. Elle trouve dans la possession et la contemplation des vérités universelles, nécessures et éternelles, sa fin dernière et son suprême bonheur.
Mais la connaissance n’est pas toujours désintéressée