IL’ GUÉRIT DIANE DE POITIERS
elles désignent évidemment une maladie dangereuse, un péril de mort. Il est à peu près certain qu'il s’agit de Diane de Poitiers, qui, à cette date, était la maîtresse en titre du dauphin. Plancy la désigne par ces mots : «une «femme très chérie du dauphin », et l’allusion est transparente. Fernel fut assez heureux pour la guérir d’une maladie qui devait être très grave, si l’on en juge par les métaphores enthousiastes du biographe !. Cette cure
car ilavait trente ans en 1544, lorsque naquit François, le premier enfant de la dauphine (elle avait été neuf ans sans concevoir). Il faut même remarquer que l'hypothèse est contredite par sa narration même. Ce fut
après l’appariton du Traité sur la saignée que Fernel fut appelé auprès
de la «dame de qualité», par conséquent en 1546. À cette époque, Catherine de Médicis était déjà mère depuis deux ans.
Même silence dans tous les auteurs contemporains qui auraient eu l’occasion de citer le fait s'ils l'avaient connu. Brantôme, né en 1527, Pierre de l’Estoile, né en 1538, Scaliger, né en 1540, De Thou, Mézerai, n’en disent rien. Scaliger écrit seulement : « Fernel, bon gagne-denier, « qui entra en crédit pour avoir facilité l'accouchement de la reine- « mère. »
Le premier qui rapporte cette histoire est Scévole de Saïnte-Marthe, qui écrivait en 14602, quarante-deux ans après la mort de Fernel, et cinquante-huit ans après la naissance du fils de la dauphine. Il ne fait d’ailleurs que rapporter un bruit populaire. Après lui, une foule d'auteurs ont répété l’anecdote. Il serait trop long d'entrer dans la discussion de tous ces textes, qui ont été patiemment rassemblés par Goulin. I suffit de faire remarquer qu'ils se contredisent tous sur les circonstances, sur la date, sur les causes de la stérilité de la dauphine, sur le nombre de ses enfants, sur la nature des remèdes que Fernel aurait indiqués, sur la récompense qu'il aurait reçue.
Sur ce dernier point, la notice manuscrite qui se trouve à la Bibliothèque nationale (v. p. 2) ne mérite aucune créance, et n'a aucun caractère d'authenticité. Ce qui est sûr, c’est que Fernel soigna la reine dans son dernier accouchement (le neuvième), qui eut lieu le 23 juin 1556. Goulin cite (p. 341) le texte de l’ordonnance royale en vertu de laquelle il toucha, pour ses soins, une gratification de 2.300 livres tournois. L'ordonnance est datée du 26 août 1556.
1. «...quasi unus esset e Galliæ medicis calamitosi illius morbi præs- « trenuus oppugnator, et impendentis mortis forlissimus vindex, malo-
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