RAPPORTS DES DEUX MÉMOIRES
elle nulle dans la mémoire. Elle n'intervient ni pour conserver les idées, ni pour les évoquer. Leur réapparition dans l'esprit est subordonnée à la réapparition antécédente des images. D'ailleurs, les idées ont le pouvoir de s'évoquer les unes les autres, et, à ce propos, Fernel a bien indiqué l'influence de l'association des idées sur la mémoire. « Lorsque, dit-il, l'image d’un objet extérieur «est claire et précise, elle éveille l'esprit par le moyen « du premier sensitif, et exeite le souvenir de l’objet « dont elle émane. Si au contraire elle n’est pas restée « intacte, mais que, soit par le temps écoulé, soit par la « maladie, soit par quelque autre cause, elle ait disparu « en partie, ce qui en reste ne peut ni éveiller l'âme, n1 « représenter l’objet. Nous disons alors que le souvenir «est perdu. Mais si cette minime partie est suflisante pour « provoquer quelque idée originelle, celle-e1se propagera « de proche en proche, en appellera une seconde, puis une « troisième, jusqu à ce que, par un admirable enchaïi- « nement, on arrive à la connaissance première !. »
La mémoire intellectuelle et la mémoire sensitive sont donc en relations étroites, et Fernel a si bien marqué leur dépendance mutuelle qu'il aurait dû, semble-t-il, voir en elles deux moments successifs d'une même activité. Il n’en est rien. Ce sont à ses yeux deux facultés essentiellement différentes. L'homme seul raisonne et associe ses idées ?. Les animaux, à proprement parler, n'ont pas de mémoire, parce qu'ils n'ont pas la notion du passé *. Ils