‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 293 sur 345 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Le problème vital. — Théorie d'Aristote. — Distinction de trois facultés, d'après Fernel. — Fernel adopte la théorie de Platon et de Galien. — La faculté vitale. — Définition de la vie. — Fernel et le vitalisme contemporain, — Sa solution se rapproche plus du vitalisme que de

l’animisme pur.

Comme nous le savons maintenant, l'homme réunit en lui les trois âmes végétative, sensitive et raisonnable. Chacune d'elles étant principe de vie, il s'ensuit qu'il participe à la vie de la plante, à celle de l'animal, et qu'il a sa vie propre, par laquelle il se distingue de l’un et de l'autre. Mais, en définitive, qu'est-ce que la vie? En quoi consiste-t-elle? Un être pourvu des facultés précédemment étudiées vivrait-il par cela même, ou doit-on attribuer les effets de la vie à une faculté distincte ? Telle est la question que Fernel se pose, et qu'il a longuement discutée !. Ainsi qu'il résulte logiquement de toutes ses théories, 1l professe l’animisme. Mais 1l y a bien des façons d’être animiste. La solution que Fernel propose du problème vital mérite d’être examinée, car elle témoigne d’une véritable originalité de vues, et d’une sorte de prévision des doctrines vitalistes modernes.

Aristote, en énumérant les parties de l'âme et ses

4. Il faut remarquer d’ailleurs que ce n’est pas là seulement une controverse philosophique. La question a une importance pratique, au point de vue médical. Voilà pourquoi Fernel tient tant à établir la distinction des facultés,

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