‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 295 sur 345 · PRINCIPE DE VIE ET DE SENSIBILITÉ JL · texte numérisé non relu

PRINCIPE DE VIE ET DE SENSIBILITÉ JL

Chez les animaux inférieurs, où le cœur n'exisle pas, ses fonctions sont remplies par différents organes, et, chez les végétaux, par la partie comprise entre la racine et la tige. Le cœur est donc le centre de la vie organique, ou, comme dit Fernel, le siège de l'âme naturelle. Il est aussi celui de l'âme sensitive. En d'autres termes, le cœur est le principe de la sensibilité comme :1l est celui de la vie. En voici la raison : si l’on admettait deux principes distincts, 1l faudrait admettre dans chaque animal la présence de deux âmes indépendantes, et l’on arriverait à des conséquences absurdes. L'une de ces deux âmes pourrait périr, l’autre survivant !, et1l y aurait vie sans sensation, ou sensation sans vie. En réalité, 1l n'y a qu'un seul principe qui règle à la fois les opérations de la vie et celles de la sensibilité, et ce principe réside dans le cœur *.

Mais tout se tient dans l'être vivant. Qui dit sensibilité dit par cela même plusir et douleur, par suite appétition et désir, perceplion et mouvement. Toutes les opérations et les facultés de l’âme sensitive sont donc sous la dépendance du cœur *. Les organes des sens, à l'exception du tact, sont, 1l est vrai, placés dans la tête ; les impressions dues aux sens externes sont bien centralisées dans le sensorium commune, c'est-à-dire dans le cerveau. Mais c'est dans le cœur que se trouve l’origine de toute sensation

1. Une difficulté analogue se trouve dans la théorie aristotélique de l’immortalité, Des deux éléments qui forment l'intelligence, l’intellect actif seul est immortel ; l’intellect passif périt avec le corps.

2, « Si in corde vitæ fons et origo collocatur, ibidem est sentiendi « principatus, in quo animal omne consistit » (Physiol., 1. 5 DA br):

3. « Unde plane et expedile conficit (Aristoteles) omnes sentiendi, « cogitatione fingendi, appetendi movendique vires e corde duci »

(Hbid.).

MICHÉEAT,

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