‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 296 sur 345 · LE PRINCIPE VITAI, DANS ARISTOTE · texte numérisé non relu

LE PRINCIPE VITAI, DANS ARISTOTE

comme de tout mouvement. C’est de lui que partent les nerfs moteurs, et à lui qu'aboutissent les nerfs sensitifs !. Le cœur est donc le véritable centre de l'être vivant. En lui réside l’âme, autant du moins que l’on désigne par ce mot le principe de la vie organique et de la sensibilité : car l'âme raisonnable, et particulièrement l'intellect actif, est séparée, immatérielle, immortelle, et ne saurait être localisée dans le corps. I suit de là que l’âme est essentiellement une, et fait l'unité de la vie chez les êtres dont l'organisation est complexe. On voit des insectes coupés en morceaux produire autant d'animaux, des branches d'arbres arrachées repousser quand on les plante. C'est que, dans de pareils êtres, il n'y a pas de véritable centre vital; l’âme est pour ainsi dire diffuse dans toutes les parties. Chez l'homme, au contraire, et chez les animaux supérieurs, l’action de l'âme, centralisée dans le cœur, maintient l'unité des organes et des fonctions. Si une parlie vient à être détachée du tout, elle se trouve soustraite à l'influence de l'âme, et meurt. L'on ne saurait tirer une objection contre l'unité et la simplicité du principe vital de ce fait que les fonctions les plus dissemblables procèdent également de Iui. L'âme est cause unique d'effets infiniment variés, parce qu'elle agit par l'intermédiaire des facultés et des tempéraments, comme un même ouvrier, selon qu'il emploie tels ou tels instruments, façonne et transforme de mille manières la matière qu'il met en œuvre.

Telle est, en résumé, la doctrine d'Aristote sur le principe vital. Elle tend avant tout à ramener à l'unité la multiplicité des phénomènes vitaux en les attribuant à

1. Sur cette erreur anatomique, qui fausse toute la théorie, v. plus haut, p. 277 sqq. |

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