LA FACULTÉ VITALE DANS FERNEL
de ces vues d'ensemble, il se plaît à reconnaître qu'elles sont cohérentes entre elles, conformes aux tendances de l’aristotélisme, et que, si l’on s’en lient à une discussion générale, il n'y a rien à y reprendre. Mais, celte concession faite, 1l se propose de montrer que l'opinion d’Aristote, irréfutable quand il s’agit de la totalité des êtres vivants, ne saurait être soutenue quand on envisage l’homme en particulier. Dans ce dernier cas, le raisonnement et l'expérience démontrent la nécessité d'admettre, outre les deux facultés universellement reconnues (naturelle et animale), un troisième principe, la faculté vitale, qui, seule, a son siège dans le cœur. L'opposition entre les deux doctrines est donc très nette. À l’âme, principe unique de toutes les fonclions vitales chez Aristote, Fernel ajoute un principe distinct, et, dès à présent, son animisme s'annonce comme inclinant singulièrement du côté du vitalisme. Voyons sur quels arguments et sur quels faits il s'appuie pour établir l'existence d'une faculté vitale indépendante !.
Le cœur et les artères sont constamment en mouvement chez l'homme, afin d'élaborer et de répartir sans interruption les esprits. Ce mouvement est sensible et se manifeste par le pouls. À quelle faculté faut-1l l’attribuer ? Sera-ce à la faculté animale ? Mais celle-ci, qui produit et règle tous les mouvements du corps, ne peut agir Sans repos. Un mouvement ne saurait, dans l'animal, durer toujours. Sous l'influence de la fatigue, il se ralenüt, puis s'arrête. Celui des artères et du cœur, au contraire, ne s’interrompt jamais, et dure autant que la vie elle-même. L'attribuera-t-on à la faculté naturelle ? Mais celle-ci n’a pour objet que la nutrition; elle ne produit pas de mou-
1. Ces arguments sont rassemblés surtout Physiol., 1. 5, ch. xur.