DISTINCTION DES TROIS FACULTÉS
et l'ont réduite au rôle d’auxiliaire de la faculté naturelle. Fernel s'élève énergiquement contre cette demiconcession. Il ne s'agit pas, dit-il, de chercher à ürer du texte d'Arislote ce qui n'y est pas, et d'extraire de ce qu'il a dit ce qu'il aurait dû dire. Les commentateurs qui lui prêtent leurs propres idées « rêvent plutôt qu'ils ne « pensent », et ne font qu'obscurcir sa pensée, qui est très claire. Il n'y à pas à s’y tromper : Aristote n'admet qu'une seule faculté, qu'il appelle tantôt nutritive, tantôt naturelle, tantôt vitale. Il a raison si l’on considère l’ensemble des vivants, végélaux, animaux et homme : il a tort, et tous les commentateurs n’y feront rien, s'il s’agit des fonctions particulières à l’homme. Dans ce dernier cas, de même que chez les animaux supérieurs, elles doivent être rapportées à trois facultés distinctes, naturelle, vitale et animale, dont l’action commune produit l'intégrité du corps et l’unité organique.
D'ailleurs, non seulement leur existence spéciale est démontrée par le raisonnement, mais encore l'expérience prouve qu'elles sont séparées en fait. Il est évident que. lorsque plusieurs objets coexistent, mais de façon que la destruction de l’un n'amène point la disparition ou la modification des autres, il peut y avoir entre eux des rapports de contiguité ou d'analogie, mais 1l n’y a ni identité, ni causalité. Si donc on peut citer des cas où l’une des facultés ait disparu, et où cependant des effets aient subsisté, il deviendra manifeste qu'elle n’était point cause de ces effets. Or, ces cas sont fréquents. L’os, le cartilage sont insensibles ; ils ne dépendent done pas de la faculté animale ; ils sont soumis à la faculté vitale et à la faculté naturelle, puisqu'ils s’accroissent etse nourrissent. Dans la léthargie, le mouvement et la sensation sont abolis, mais les autres fonctions demeurent inlactes. Il en est de