‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 304 sur 345 · LES VEINES, LES ARTÈRES, LES NERFS · texte numérisé non relu

LES VEINES, LES ARTÈRES, LES NERFS

Outre les raisons déjà données, l'irréductibilité des facultés naturelle, animale et vitale sera solidement établie si l’on démontre que les facultés agissent par l'intermédiaire d'organes dislincls, et ayant une origine différente. Or, c'est ce dont Fernel, après Galien, ne doute pas un instant. Il admet comme un axiome que « les « veines sont les organes de la faculté naturelle, les nerfs « ceux de la faculté animale, les artères ceux de la faculté vitale ! ». C'est là un article de foi dans le galénisme, une idée qui inspire et domine tout le système. «Les veines partent du foie, les artères du cœur, les « nerfs du cerveau *. » Telle est la fameuse théorie du trépied vital, par laquelle Galien prétendait expliquer la vie en ramenant la multiplicité de ses manifestations à trois grandes fonctions, localisées dans trois viseères importants. Cette théorie peut paraitre arriérée aux savants d'aujourd'hui. Elle n’en constituait pas moins un progrès considérable sur celle d’Aristote, pour qui tout dérivait du cœur, même les nerfs, et qui méconnaissait absolument le rôle du cerveau. Ce qu'on est en droit de reprocher surtout à la théorie de Galien, outre la symétrie arüficielle qu’elle cherche à établir, c'est qu'elle est une théorie à priori, qui, au lieu de sorur des faits, prétend s'imposer à eux et les asservir. Ce ne sont pas Les faits, directement observés, qui conduisent à la théorie : c'est la théorie préconçue d’après des données abstraites et rationnelles qui déforme les faits de parti pris sous prétexte de les expliquer.

Aussi, quelle faiblesse dans toute cette argumentation | Pour les artères, pas de difficulté; elles partent du cœur,

LuPhysol. 1.5, (eh, sv, p: LM6, 2. Ibid.

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