‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 310 sur 345 · RÉFUTATION D'AVICENNE · texte numérisé non relu

RÉFUTATION D'AVICENNE

l'observation, et quelle part au raisonnement. C'était, semble-t-il, la meilleure manière de réfuter Avicenne. Au lieu de cela, il se contente de l’invectiver. Son opinion est une extravagance, une absurdité : « O deliratio- « nem incredibilem! Desipientis enim arrogantiæ est « argumentationis necessitatem sensuum auctoritati ante- « ponere !. » Et c’est tout.

En revanche, Fernel montre bien que, s'il estime à sa valeur le témoignage des sens, l'argumentation ne lui fait pas peur, car, à propos de l'opinion d’Avicenne, il se lance dans une réfutation en règle, qui comprend un chapitre entier ?. On me permettra de ne pas l'y sulvre ; elle n’ajoute rien aux idées précédemment exposées, el elle roule sur des subtilités auxquelles un lecteur moderne a bien de la peine à s'intéresser. Il y a là tout un cliquetis de mots sur la forme, la figure, le tempérament, la substance des facultés et des parties, qui rappelle la plus mauvaise scolastique. La conclusion est qu'il faut abandonner la théorie d'Aristote sur le cœur envisagé comme centre unique de l'animal, et cela au point de vue philosophique aussi bien qu’au point de vue médical. C'est d’ailleurs ce qu'a fait Alexandre d’Aphrodisias, qui, malgré son attachement à Aristote, s’est vu forcé de restituer au foie, au cerveau et aux autres organes les fonctions et les facultés dont le maître les avait privés au profit exclusif du cœur. Les autres interprètes ont plus ou moins varié sur cette question, et leurs divergences mêmes prouvent à quel point la théorie d’Aristote était inacceptable et impossible à défendre.

C’est done à la doctrine de Galien que Fernel se range,

LPhyston, PS, ce xv,"p. 419.

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