‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 311 sur 345 · LA THÉORIE PLATONICIENNE · texte numérisé non relu

LA THÉORIE PLATONICIENNE

et cette doctrine lui semble d'autant plus respectable qu'elle a aussi son antiquité et ses titres de noblesse. Le médecin de Pergame ne l’a pas inventée de toutes pièces : il n’a fait qu'accommoder aux idées scientifiques de son époque les théories platoniciennes. Platon, comme on le sait, professait sur le siège des diverses parties de l'âme une doctrine d’origine pythagoricienne qui, sauf quelques différences, lui était commune avec Hippocrate. Il admettait dans l’homme l'existence de trois âmes : l’âme raisonnable {+5 nyeuoyixôv), siégeant dans la tête, qui, pour celte raison, est la partie la plus noble du corps; l'âme raisonnable est immortelle comme les Idéés dont elle procède. Quant à la partie mortelle de l'âme, les Génies chargés d'exécuter les volontés des dieux l'ont divisée. Ils ont placé la colère et le courage dans le cœur, siège de l'âme énergique (6 Duuéc). Enfin, la faculté de désirer, l’âme concupiscible, { étiluuix) réside dans le foie. Il faut lire dans le Timée les développements avec lesquels ces vues sont exposées, si l’on veut comprendre pourquoi les médecins grecs les ont adoptées pour la plupart.

Il est très difficile dans les dialogues de Platon, et surtout dans le Timée, de faire le départ exact entre la science et l'imagination, de dire où finit l'affirmation positive et où commence l’allégorie. Aussi, les théories platoniciennes ont-elles presque toujours un caractère assez indécis pour qu'il soit possible, avec un peu d’ingémiosité, d'en tirer beaucoup de choses que leur auteur n avail certes pas songé à y mettre. En outre, s'il n'est pas le premier qui ait introduit dans la science les considérations téléologiques, Platon leur a donné du moins une place excessive. « Platon, dit M. Renouard, énumère « dans le Timée les principales parties du corps, et «€ s'imagine qu'il a suffisamment expliqué le mode de

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