‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 313 sur 345 · PLATON ET GALIEN · texte numérisé non relu

PLATON ET GALIEN

se fondant sur des analogies apparentes. Un rapprochement détaillé entre le platonisme et le galénisme serait artificiel, car le point de vue des deux auteurs est aussi différent que leur but. Platon n'a voulu émettre sur la localisation des trois âmes et sur leur existence même que des vues très générales, sans application immédiate. Galien, lui, est avant tout médecin ; la distinction des trois facultés est moins à ses yeux un essai de philosophie biologique qu'un principe fondamental de thérapeutique. Ennemi acharné de l’empirisme, c'est-à-dire de l'expérience fortuite et sans règles, il a voulu fonder la pratique médicale sur la base solide d'une théorie philosophique, et, rencontrant celle de Platon, 1l y a rattaché la sienne. Mais, chez lui, cette théorie n’est que le fondement de la pratique. On lui a reproché, non sans raison, de s'être complu souvent à des subtilités et d’avoir ouvert un champ infini à la dispute. Sa discussion sur la division des trois facultés échappe en grande partie à cette critique. Elle tend à un but, le traitement des maladies, et elle va nous permettre de préciser quelle idée Galien, et Fernel d'après lui, se sont faite de la vie et de la mort.

Il s’agit, pour cela, de déterminer quelles sont les fonctions propres qu'ils attribuent à la faculté vitale, et ce qu'elle ajoute aux autres facultés. De cette délermination sortira une définition de la vie !.

Dans le langage ordinare, on applique la qualification de vivants à des êtres de nature très différente : on dit que les végétaux vivent, que les animaux vivent, que les êtres surnaturels vivent ?. Ces derniers vivent par la

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