‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 314 sur 345 · ŒEA 6 TROIS ESPÈCES D ÊTRES VIVANTS · texte numérisé non relu

ŒEA 6 TROIS ESPÈCES D ÊTRES VIVANTS

pensée pure, les animaux par la sensibilité, les plantes par la nature. Seul de tous les êtres, l'homme participe à ces trois vies : 11 possède à la fois la vie végétative, la sensibilité et la raison. Or, les fonctions naturelles ont pour organe le foie : la sensation et la pensée dépendent du cerveau ; 1l semble donc que, chez l’homme, ces deux organes suffisent à expliquer la totalité des phénomènes, et quil n'y ait rien à chercher au delà. Si la cause de toutes les fonctions peut être attribuée au foie et au cerveau, à quoi sert le cœur ? De deux choses l’une : ou le cœur n'a aucune utilité, ou 1l faut revenir à l'opinion d'Anistote, et voir en lui l'organe premier de toutes les facultés. Pour échapper à ce dilemme, Fernel montre que le cœur a sa fonction propre, et que celte fonction, c’est précisément la vie.

Les animaux ont avec les plantes une faculté commune, la nutrition {ce que Fernel appelle la faculté naturelle). Mais elle s'exerce chez eux d’une manière plus parfaite : les végétaux se nourrissent des sucs de la terre, matière à l’état presque brut ; 1l faut aux animaux des aliments plus complexes, herbe, chair, fruit. Il s'ensuit que, chez les végétaux, Tassimilation est rapide, tandis que, chez l'animal, la digestion et la sanguificaüon n'ont lieu que par une longue série d'opérations. La nutrition étant beaucoup plus compliquée chez les animaux que chez les plantes, 1l faut admettre que leur faculté nutritive est plus puissante. Ce surcroît d'énergie, c'est le cœur qui le Jui fournit. La chaleur qu'il élabore sans cesse se distribue dans toutes les parties du covps, et donne à tous les organes, particulièrement au foie et au cerveau, la force d'accomplir leurs fonctions. Dans les végétaux, au contraire, où la simplicité de l’assimilauon ne nécessite pas l’action d'une faculté énergique, la

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