L'ANIMISME ET LE VITALISME
la vie n’est pas « un résultat plus compliqué des forces « de la mécanique, de la physique où de la chimie ». Il n’admettrait pas que « ce sont les mêmes forces qui pré- « cipitent les corps les uns vers les autres, el qui orga- « misent et font vivre la matière ! ». Toute sa théorie tend à prouver que les phénomènes de la vie sont irréductibles aux forces de la matière, et qu'ils ne peuvent s'expliquer que par l'action d’un principe incorporel. Mais, en dépit de la profession de foi animiste qu'il à faite au début de son livre, malgré sa définition de l'âme par ses propriétés vitales, il n'est pas animiste pur. Il repousse de toutes ses forces l'explication mécamiste el organiciste, mais il ne croit pas non plus qu'il y ait identité entre les phénomènes de la vie et ceux de la pensée, et que la même âme tienne sous sa dépendance les uns et les autres. L'animisme d’Aristote laissait subsister entre l'âme raisonnable, immatérielle, séparable, et l'âme principe de vie corporelle une dualité qui a permis à des philosophes auteurs de théories divergentes de se réclamer également de lui*. Les uns, comme saint Thomas au moyen âge et Stahl au xvr° siècle, ont admis que l’âme raisonnable règle et détermine les fonctions du corps au même titre que les opérations intellectuelles. D'autres, comme Galen, les médecins de l’école de Montpellier et les vitalisites contemporains, professent qu'il existe dans l’homme deux principes distincts : l'âme, principe de la pensée et de la volonté, et la force vitale, force 1mmatérielle, mais dépourvue de conscience et de volonté, qui anime le corps et en fait l'unité organique.