‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 32 sur 345 · IDÉES DE FERNEL SUR LA MEDECINE · texte numérisé non relu

IDÉES DE FERNEL SUR LA MEDECINE

« supposés capables de le faire avec profit. Ils s'atta- « chaient à un docteur, qu’ils suivaient dans ses visites, «et qui les introduisait dans sa clientèle, à peu près « comme cela se pratiquait dans l’ancienne Rome. On « voit d'ici l'incommodité, l'appareil pédantesque et « prétentieux de ce système, qui transformait souvent «la chambre d’un pauvre patient en une salle de « cours ! ».

Si l'abus que signale en ces termes M. Raynaud existait au xvrre siècle, les choses n’en étaient pas moins en progrès. AU XVI‘, les futurs docteurs n'avaient même pas la ressource de se mettre sous la discipline d'un praticien expérimenté, et précisément, Fernel émettait le vœu que cet usage pût s'établir. Il est curieux de voir quelle idée cet homme d’une haute intelligence, dont les vues ont devancé sur plusieurs points celles de son temps, se faisait de son art. À ses yeux, des études philosophiques approfondies sont l'introduction nécessaire à la médecine. La philosophie est la base de toutes les sciences Fernel, en maint endroit de ses ouvrages, à énergiquement affirmé ce dogme. La connaissance de l'anatomie est utile aussi: mais, loin d'en faire le point de départ des études médicales, Fernel admet volontiers, comme Hippocrate, qu'il est superflu de s’y appliquer beaucoup. Il suffit que le médecin ait lu un traité qui lui apprenne ce qu'il est nécessaire de savoir sur la structure du corps humain. Il faut en outre qu'il étudie les médicaments simples et composés, leur préparation, leur dosage, leur saveur et leurs effets ; que la pathologie n’ait pas de secrets pour lui, et qu'il connaisse à fond les symptômes, les signes et les causes des maladies. Sur tous les articles de

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