IDÉES DE FERNEL SUR LA MÉDECINE
ce programme, Fernel était d'accord avec tous les médecins de son temps. Là où 1l les dépassait infiniment, c'était dans l'importance qu'il attachait à la pratique. Lorsque nous lisons aujourd'hui ses œuvres, nous sommes tentés de penser que la théorie y tient beaucoup trop de place, et nous préférerions y trouver un plus grand nombre de notions positives. Il ne faut pourtant pas perdre de vue que dans les idées de Fernel, la théorie surtout a besoin d'être exposée, fixée par l'écriture, dogmatiquement enseignée ; c'est elle qui constitue le fonds commun de la science, considérée dans sa généralité. Mais elle n'est que la moitié de la science : isolée de la pratique, elle est non seulement stérile, mais encore obscure et incomplète. « Il pensait, dit Plancy, qu'il y avait dans la théorie « de la médecine, des choses qui ne pouvaient être bien « expliquées et bien entendues que d'un homme instruit « par une pratique consommée : que personne ne pouvait « devenir parfaitement habile par la lecture seule des « plus excellents ouvrages : que les meilleurs interprètes « de la médecine étaient la pratique et l'exercice, qui « répandent la lumière sur ce que l’art a d'obscur, lèvent « les doutes qui arrêtent les commençants, et établissent « la solidité des règles et des principes !, » On ne saurait mieux dire, et tout cela nous paraît presque banal par son évidence même. Cette manière de penser n en était pas moins en opposition radicale avec celle de la plupart des contemporains de Fernel, exclusivement appliqués à la théorie. S'il n'a pas donné dans ses écrits aux notons pratiques un développement proportionné à l'importance qu'il leur attribuait, c'est que, pour lui, elles ne peuvent guère être codifiées. L'expérience pra-