‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 33 sur 345 · IDÉES DE FERNEL SUR LA MÉDECINE · texte numérisé non relu

IDÉES DE FERNEL SUR LA MÉDECINE

ce programme, Fernel était d'accord avec tous les médecins de son temps. Là où 1l les dépassait infiniment, c'était dans l'importance qu'il attachait à la pratique. Lorsque nous lisons aujourd'hui ses œuvres, nous sommes tentés de penser que la théorie y tient beaucoup trop de place, et nous préférerions y trouver un plus grand nombre de notions positives. Il ne faut pourtant pas perdre de vue que dans les idées de Fernel, la théorie surtout a besoin d'être exposée, fixée par l'écriture, dogmatiquement enseignée ; c'est elle qui constitue le fonds commun de la science, considérée dans sa généralité. Mais elle n'est que la moitié de la science : isolée de la pratique, elle est non seulement stérile, mais encore obscure et incomplète. « Il pensait, dit Plancy, qu'il y avait dans la théorie « de la médecine, des choses qui ne pouvaient être bien « expliquées et bien entendues que d'un homme instruit « par une pratique consommée : que personne ne pouvait « devenir parfaitement habile par la lecture seule des « plus excellents ouvrages : que les meilleurs interprètes « de la médecine étaient la pratique et l'exercice, qui « répandent la lumière sur ce que l’art a d'obscur, lèvent « les doutes qui arrêtent les commençants, et établissent « la solidité des règles et des principes !, » On ne saurait mieux dire, et tout cela nous paraît presque banal par son évidence même. Cette manière de penser n en était pas moins en opposition radicale avec celle de la plupart des contemporains de Fernel, exclusivement appliqués à la théorie. S'il n'a pas donné dans ses écrits aux notons pratiques un développement proportionné à l'importance qu'il leur attribuait, c'est que, pour lui, elles ne peuvent guère être codifiées. L'expérience pra-

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