‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 320 sur 345 · ANALOGIE DES DEUX CONCEPTIONS · texte numérisé non relu

ANALOGIE DES DEUX CONCEPTIONS

d'entre elles, 1ly a surtout une différence de mots. Certes, on peut regretter l'imprécision de sa terminologie, l’'em-

ploi d’une méthode presque exclusivement dialectique,

l'abus qu'il fait des divisions et des distinctions verbales. H n'en reste pas moins vrai que, vue de haut et débarrassée des subtilités qui nous choquent, sa conception de la vie se rapproche du vitalisme contemporain au moins autant que de l’animisme d'Aristote.

IL admet, il est vrai, que la faculté vitale est localisée dans le cœur, tandis que, pour les modernes, la vie est immanente à l'organisme tout entier. C'est qu'il avait hérité de l'antiquité ce préjugé, de ne concevoir un principe, une force, une faculté, que localisés quelque part. Cette manière de voir ne lui est point particuhère ; les philosophes et les médecins grecs discutaient sans fin sur le siège des diverses parties de l'âme ; cette habitude s’est perpéluée longtemps dans la physiologie, et Descartes luimême, localisant l'âme dans la glande pinéale, ne s'en est pas affranchi. Mais ces localisations précises sont souvent assez secondaires dans les doctrines physiologiques qui se croient obligées de les établir. Dans celle de Fernel, en particulier, elles ont une importance surtout pratique. Il veut pouvoir, en cas de maladie, attribuer les désordres constatés à une cause, el agir sur elle. Comment le pourrait-il, si cette cause était étrangère au corps, si elle n'était pas liée à une partie déterminée du corps? Même lorsqu'il philosophe, Fernel ne perd pas de vue la médecine. Un ensemble de symptômes morbides étant donné, la science du médecin consiste à les ramener à un petit nombre de groupes caractéristiques, et à les considérer comme des altérations de telle ou telle faculté. Les facultés étant peu nombreuses, et chacune d'elles

produisant ses effets par un organe particulier, 1l suffira

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