‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 321 sur 345 · IMPORTANCE DES LOCALISATIONS · texte numérisé non relu

IMPORTANCE DES LOCALISATIONS

d'exercer une action convenable sur l'organe dont la faculté est supposée atteinte, pour ramener l'ordre et la santé. Mais si, au point de vue de la thérapeutique, la localisation des fonetions dans des parties bien déterminées est nécessaire, il n’en est pas de même au point de vue philosophique. Rien ne serait changé à la concepuon de la vie si les facultés étaient situées ailleurs que dans le cœur, le cerveau et le foie. Sans doute, Fernel üent à. être au niveau de la science de son temps, el à ne pas assigner aux organes des fonctions incompatibles avec leur structure ; il ne reproduirait pas l'erreur d'Aristote sur Le rôle du cerveau. Mais, au fond, ce qui, théoriquement, est essentiel à ses yeux, ce n est pas la localisation de telle faculté dans tel organe, c'est la distinction spéclfique des facultés, et la prépondérance de la faculté vitale. La différence des organes intervient dans la démonstration, mais elle n'est qu'un argument parmi beaucoup d'autres, loin d’être le but. Ce qu'il veut montrer, c'est que la vie résulle de l'action simultanée des fonctions, dont une force unique dirige et coordonne les effets.

Or, ce principe, celte faculté vitale, ce n’est pas l'âme ?, puisque l’attribut essentiel de l'âme est l'unité :et, Fernel l'a très bien remarqué, la mort ne survient pas toujours brusquement, comme cela devrait êlre si la vie était

1. Tout au moins, ce n’est pas l'âme raisonnable. Ce qui fait surtout l'obscurité de cette question, c’est que le latin n'a qu'un mot, anima, pour désigner le principe de la vie et celui de la pensée. Déjà chez les philosophes grecs, qui disposaient de deux termes (4uy1, vois) la confusion est continuelle. Aristote, en particulier, désigne souvent par duyn la raison, l'intelligence, le jugement. À plus forte raison, chez les philosophes qui, comme Fernel, écrivent en latin, l'emploi du mot anima peut prèter à toutes les équivoques (v. sur ce sujet : Philibert, Du princ. de la vie suivant Aristote, p. 6).

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