‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 322 sur 345 · FERNEL ET BICHAT · texte numérisé non relu

FERNEL ET BICHAT

l'effet d’une force unique. Les facultés dont l'union faisait la vie disparaissent souvent l’une après l’autre. De même, lorsque la vie commence. elles n'apparaissent pas simultanément. Ce sont là des vues exactes, et qui paraissent annoncer de loin les pénétrantes analyses de Bichat sur la distinction de la vie organique et de la vie animale.

Bichat a montré par des observations positives que ces deux vies, bien que constituées par des séries de fonctions étroitement unies, gardent une certaine indépendance. « Nous venons de voir. dit-il, les deux vies de l’animal « commençant à des époques assez éloignées l’une de « l’autre, se développant suivant des lois qui sont abso- « Jument inverses.Je vais les montrer maintenant se ter- « minant aussi d'une manière différente, cessant leurs « fonctions dans des temps très distincts, et présentant, « lorsqu'elles finissent, des caractères aussi séparés que « pendant toute la durée de leur activité !. » Et1l montre que, dans la mort naturelle, la vie animale cesse bien avant la vie organique, et que les fonctions de cette dernière disparaissent successivement. « Les forces aban- « donnent peu à peu chaque organe : la digestion lan- « guit, les sécrétions et l'absorption finissent, la « circulation capillaire s’embarrasse. Enfin, la mort vient « aussi suspendre dans les gros vaisseaux la circulation « générale. C’est le cœur qui finit le dernier ses « contractions ; 1l est, comme l’on dit, L « ultimum « moriens =. »

Fernel a vu, comme Bichat, que la vie, ainsi que la mort, a ses degrés ; mais quelle différence dans le développement de cette idée! Le physiologiste du xrx® siècle

1. Bichat, Recherches physiol. sur la vie et sur la mort, 1"° partie, bp. 00, art. 10.

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