DEGRÉS DE LA VIE ET DE LA MORT
est conduit à sa conclusion par l'observation directe des faits ; on se sent avec lui sur le terrain solide de l'expérience. L'auteur du xvi° siècle, au contraire, se borne à reproduire une théorie antique, sans y ajouter rien de personnel, sans l'appuyer d'aucune observation inédite. Aussi, tandis que le livre de Bichat est d’une lecture si attachante, voyez avec quelle sécheresse s'exprime Fernel. Il y a analogie entre les idées, mais 1l serait difficile de trouver des textes dont le rapprochement montre mieux la différence radicale de l'esprit scientifique et de la méthode scolastique. Dans quel ordre la mort fait-elle disparaitre les facultés? Voici la réponse : « Hoc autem «< intercidunt ordine, ut ab ea quæ in malum et perniciem «€ primum incurrit, ea proxime laboret quæ majorem, « postremo autem ea quæ cum 1lla minorem necessitu- « dinem aut cognationem habet. — Ab animali enim « primum vitalis, deinde naturalis afficitur, a vitali ani- « malis : ut cui 1lla materiam et vitæ formam ministrat, « tandem vero naturalis : a natural vitalis, mox anima- « lis !. » (Dans quel ordre apparaissent-elles à la vie? « Exortu quidem prima est altrix, deinde vitalis, pos- « trema animalis *. » Et voilà tout. Si l’on voulait déterminer la part d'erreur et de vérité que peuvent contenir ces assertions, 11 faudrait commencer par les traduire en termes concrets. On verrait de la sorte que Fernel établit ainsi l’ordre dans lequel, chez le fœtus, se développent les organes : d’abord les organes de la nutrition, particulièrement le foie (facultas altrix), puis le cœur (facultas vitalis), enfin le cerveau (facultas animalis) °.
APRAIUSLO AIS NCIS EVIL ID 023