LE VITALISME DE FERNEL
Mais ce serait prendre une peine inutile que de faire le procès à la physiologie de Fernel. Il ne faut point lui demander l'exactitude à laquelle nous ont habitués nos savants. Ce qui importe, c'est la solution qu'il a proposée du problème vital. La vie, pour lui, ne résulte n1 des forces de la matière, n1 de l’action d'un principe 1immatériel séparable du corps. Elle résulte de la présence au sein de l'organisme d’une force qui lui est immanente, qui en meut les diverses parties, et qui en maintient l'intégrité. Elle est vraiment, pour Fernel comme pour Bichat, « l’ensemble des forces qui résistent à la mort. » Quelle que soit l'imprécision des termes par lesquels 1l a exprimé sa pensée, tel est, je crois, leur véritable sens. La vie est l'effet d'une force qui ne peut se manifester que dans de certaines condilions, mais sans laquelle l’organisme ne pourrait ni se former, n1 fonctionner. C’est ainsi qu'il faut interpréler sa conception de la vie, la définition qu'il en donne, et les passages où, comparant les facultés entre elles, il “attribue Île ‘premier rang à la faculté vitale. Elle a, dit-il, moins besoin des autres que les autres n’ont besoin d'elle : « Hujus ilaque beneficio « quum reliquæ indigeant, non autem e diverso, una om- « nium judicabitur maxime ad usum vitæ necessaria !. »
4. Physiol., 1.5, ch. xvir, à la fin. — Il est vrai que si l’on considère non plus l'importance vitale des facultés, mais la noblesse de leurs fonctions, l'ordre est différent : « Nobilitate et principatu prima atque præs- « tantissima est animalis, ab hac vitalis, tertia altrix ignobilis et abjecta »
(Ibid).