SES IDÉES SUR L ENSEIGNEMENT MEDICAL
tique ne saurait ni s'apprendre, ni s'enseigner dans un livre ; elle consiste surtout dans un ensemble de qualités individuelles, naturelles et acquises, qui varient avec chacun; il y faut « une sagacité, une finesse de tact, qui « rendent ceux qui les possèdent supérieurs aux autres, «et l'objet de l'admiration ; finesse que tous voudraient « posséder, mais qu'il n'est pas aisé de décrire ni d’ex- « pliquer ou de communiquer, et qu'on n acquiert que « par un long usage et l'observation !. »
Aussi, la théorie ne suffit à rien par elle-même, si l'on n’a soin de contrôler sur les malades ce que l’on a lu dans les livres. Celui qui veut arriver à une connaissance sérieuse de son art doit se mettre sous la direction d'un médecin expérimenté, suivre ses conseils, profiter de ses leçons, observer et pratiquer le plus possible, car la pratique est le meilleur des maitres. Fernel condamnait la conduite de ceux qui, à peine en possession de leur diplôme, se hâtaient d'aller exercer dans quelque petite ville, C’est à Paris seulement que la multitude des cas différents permet à un débutant d'acquérir promptement et sûrement de l'expérience. Enfin, il jugeait inutile que le médecin fût un écrivain de premier ordre. La discipline littéraire qu'il s'était imposée pour son comple ne Jui paraissait pas exigible de tous. Pourvu que le médecin s'exprime avec clarté et précision, que ses discours soient remplis de pensées et de choses, c'est tout ce qu’on est en droit de lui demander.
Ces idées sont aujourd'hui si universellement adoptées, si bien tombées dans le domaine public, qu’elles n'ont plus aucune espèce d'originalité. Elles étaient nouvelles au milieu du xvi* siècle, et Fernel dut passer pour un