‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 331 sur 345 · DUALISME D ARISTOTE · texte numérisé non relu

DUALISME D ARISTOTE

engagée dans les liens du corps, elle naît, vit et meurten même temps que lui.

Ce dualisme donne lieu à bien des difficultés. D'abord, il est beaucoup de passages où Aristote traite de l'âme en général, sans spécifier quel est celui des deux principes qu'il a en vue, et ce manque de précision à permis aux critiques d'interpréter sa doctrine dans des sens très différents, chacun avec une apparence de raison. De plus, la coexistence de deux principes dont la nature et les caractères sont si opposés est difficilement concihable avec la notion de l'unité et de la personnalité dont ‘témoigne la conscience. En outre, ce qui constitue l'âme, même en ne la considérant que comme entéléchie du corps, ce ne sont pas seulement les fonctions vitales, ce sont encore les facultés intellectuelles : perception externe, mémoire, imagination, raisonnement, en un mot tout ce qui fait l'individualité, tout ce qui permet à un homme de dire moi, et de distinguer ce mot de celui des autres hommes. Si tout cela périt à la mort, que reste-t-1l ? Il reste, d’après l’aristotélisme, l’Intellect actif, l'esprit pur. Mais, comme le remarque Renan, « l'Intellect actif est «€ impersonnel, absolu, séparé des individus, participé par « les individus. Un pas encore, et l’on devra dire que « l’intellect est unique pour tous les hommes, et procla- « mer ce que Leibnitz appelle le monopsychisme ! ». Les commentateurs arabes ont été jusqu'à dire que l'intellect actif est en dehors de l’homme, qu'il est en Dieu, qu'il est Dieu lui-même. L'acte de la pensée consisterait, d’après eux, dans une aspiration du sujet, qui tend à se confondre avec son objet éternel, dans une identification absolue de la raison humaine avec la raison divine. A la

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