‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 332 sur 345 · INCERTITUDE DE SA THÉORIE · texte numérisé non relu

INCERTITUDE DE SA THÉORIE

mort, lintellect actif retournerait à Dieu, dont il était émané, et l’immortalité de l'âme ne serait autre chose que l'éternité de Dieu.

Ce sont là des conséquences extrêmes, et jamais Aristote n'a professé pour sa part ces théories mystiques ou panthéistes. Il n'en est pas moins vrai qu'il les a préparées et rendues possibles par l’insistance avec laquelle il a opposé par tous leurs attributs l'âme et la raison, l’intellect passif et l’intellect actif. L'immortalité de l'âme est conçue par lui d'une manière qui laisse place à de graves incertitudes. S'il n'a pas dit que tout périt avec le corps, et s'il a expressément sauvegardé la survivance d'un principe immatériel, il ne paraît pas avoir admis la doctrine de l'immortalité personnelle et individuelle. Or, s 1l est difficile de comprendre comment deux substances dont la nature et la destinée sont si différentes peuvent coexister dans l'être vivant, en y exerçant à chaque instant des actions réciproques, sans que l'unité soit compromise, 1l est plus difficile encore de s'expliquer comment l'âme, une pendant la vie, peut se partager à la mort. Car enfin, l’idée d'unité exclut nécessairement toute idée de décomposition, de dissolution. Ou l'âme est une, et alors elle ne peut se diviser, elle est tout entière immortelle ; ou au contraire elle se sépare en parties à la mort, et alors comment concevoir son unité pendant la vie? Aristote a laissé la question ouverte, et c’est un des problèmes les plus ardus que soulève l'étude de ses doctrines.

Les commentateurs, loin de le simplifier, n'ont fait, comme c'est l'ordinaire, que le compliquer. Ils ont, avec une extrême logique, tiré des théories d’Aristote, soit dans le sens de l’umité et de l'immortalité de l'âme, soit dans le sens de sa matérialité, des conséquences qui

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