‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 333 sur 345 · CONSÉQUENCES DES THÉORIES D ARISTOTE · texte numérisé non relu

CONSÉQUENCES DES THÉORIES D ARISTOTE

dépassent de beaucoup la pensée du philosophe grec. D'une part, les docteurs chrétiens, ne prenant dans ses œuvres que les aflirmations relatives à l'immortalité de l'intellect actif, les généralisent, les développent à l'exclusion du reste, et arrivent ainsi à concilier l’aristotélisme avec l’orthodoxie catholique !. Voilà Aristote officiel qui a régné au moyen âge, et que le xvn° siècle vénère encore comme un oracle. D'autre part, Averrhoës et les Arabes, insistant sur le caractère impersonnel de l'intelligence absolue, professent que l'humanité seule est immortelle, que l'individu n'est rien, et, conformément aux tendances ordinaires de la philosophie orientale, qui n’a jamais eu de la conscience individuelle qu’une notion assez obscure, tirent du péripatétisme des doctrines panthéistes et matérialistes maintes fois condamnées par les conciles.

Fernel n'a pas méconnu la difficulté de la question, et il faut dire à sa louange qu'iln'a pas cherché à l’esquiver ; il a abordé franchement le problème, sans dissimuler Île moins du monde la contradiction qui se trouve dans les théories d’Aristote. Il l'a même mise en lumière en excellents termes : « L'intelligence qui nous vient de « l'extérieur, dit-il, est éternelle et immortelle; lâme « sensitive, au contraire, est mortelle, caduque, née du « corps. La première, simple et séparée, nest pas mêlée « au corps ; elle est en lui comme le pilote dans un vais- « seau. La seconde fait partie intégrante du corps, dont « elle ne saurait être disjointe. L'une n’a pas besoin de

{. C’est ainsi que saint Thomas, qui n’a pas donné dans la Somme contre les Gentils moins de vingt-deux preuves de l’immortalité de l'âme, insiste en premier lieu sur la définition aristotélique de l'âme comme forme substantielle du corps, et montre que la forme substantielle, étant toujours en acte, ne peut mourir (v. Combes, ouvr. TA

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