SOLUTION DE FERNEL
« l’aide du corps pour penser, contempler etcomprendre ; « l’autre ne peut rien faire sans une préparation conve- « nable du corps organique, dont elle est la forme et « l'achèvement. Toutes ces raisons font, si on les adopte, « qu'il est impossible d'admettre l'union en une seule « substance simple de deux principes aussi inégaux el « aussi différents. C'est pourquoi les partisans de Platon « aussi bien que ceux d’Aristote concluent que l'âme « nest pas simple, mais formée de diverses parties !. »
La solution que propose Fernel est ingénieuse. Elle consiste à faire pour l'intellect actif ce qu'il a fait pour les autres principes ; à admettre que, lorsqu'il apparaît, 1l absorbe en lui les autres âmes, qui deviennent alors ses facultés, et qui n'existent plus qu'en puissance, comme le triangle dans le carré, et le carré dans le pentagone *. Dès lors, l'unité n'est plus compromise. La distinction essentielle faite par Aristote entre les fonctions vitales ou sensitives et l'intellect absolu subsiste, mais il n’y a plus entre eux opposition. L'intellect actif devient le principe suprême dans l'unité duquel toutes les âmes inférieures ont disparu. Il existe ainsi, depuis les régions les plus basses de la vie végétative, jusqu'aux sommets de la pensée pure, une série d’âmes dont la hiérarchie est constituée par le rapport de la puissance à l'acte. Chacune de ces âmes jomt à ses propres fonctions celles des âmes inférieures dont elle est l’acte, et elle n’en est pas moins une et simple. Elle a
dnPrysiol,, K5;-ch, xvirs, p.422,
2 «.., animam, quæ in nobis rationis et intelligentiæ particeps, non
ex aliis tanquam ex partibus componi, sed simplicem esse et tanquam
reginam, quum accesserit, aliarum principatus obscurare, ut una præs-
tantissima dominetur, quæ omnium vires et facultates haud secus
atque pentagonus, simplex illa comprehensas teneat » ({bid., p. 125).
LS