SIMPLICITÉ DE L'AME
plus d’attributs à mesure qu'on s'élève dans la série, mais l'unité est absolue à tous les degrés.
Il suit de là que l'âme humaine, bien que possédant des facultés multiples, est simple, et qu'elle prend le nom du principe supérieur : elle est essentiellement intelligence. Cette intelligence a ses fonctions propres, qu'elle exerce directement : « Elle n'est pas tellement enchaînée au « corps qu'elle ait perpétuellement besoin de son aide. Il « en est de l'âme humaine par rapport au corps comme. « de Dieu par rapport au monde et à la nature. Ni l’un « ni l’autre n’ont une substance subordonnée au corps « qu'elle régit; mais, outre les fonctions que Dieu accom- «plit par lintermédiare de la nature, et l’âme par celui « du corps, il y en a d’autres plus nobles qui n'exigent « aucun concours ni de la nature, ni du corps. L'âme « n'a besoin d'aucun instrument pour raisonner; cest « d'elle-même et seule qu’elle conçoit la raison ”. » Quant aux autres fonctions, nutrition, sensibilité, motricité, c'est encore l'intelligence qui y préside, mais indirectement, par l'intermédiaire des facultés, qui agissent sur les organes. L'unité de la cause n'empêche pas la pluralité des effets *. L'intelligence, en soi, n’a pas besoin du corps pour sélever à l'intuition, à la contemplation des vérités éternelles ; mais, réalisée dans l'individu, elle est soumise aux lois et aux conditions de la connaissance sensible. La même âme est tantôl raison pure, forme sans mélange de matière, tantôt raison discursive, perception externe, principe de vie et de mouvement *. C’est une
1. De abdit. rer. caus., 1. 2, ch. 1v, vers la fin. 2, « Hince fit ut simplex ea et singularis una possit omnia in nobis « vel dissimilia efficere, sed alia quidem per se, alia corporearum facul- « tatum adminiculo » (Physiol., 1. 5, ch. xvir. p. 125).
3. « Eadem naturæ utens facultatibus corpus universum alit, utens
« vilalibus hominis vitam sustinet » (/bid.).