‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 336 sur 345 · FXAMEN. DE CETTE. SOLUTION · texte numérisé non relu

FXAMEN. DE CETTE. SOLUTION

substance simple, et qui, par conséquent, ne peul périr !. L'immortalité de l'âme est assurée par le même rasonnement qui démontre son unité et sa simplicité.

On pourrait objecter d'abord à cette théorie que l'âme, qui à conscience de l’activité qu'elle déploie dans la perception et dans les opérations intellectuelles, n'a pas conscience de son intervention dans les phénomènes de la vie. Mais, comme nous l'avons déjà remarqué, Fernel ne s’esl pas placé à ce point de vue. L'importance du fait de conscience lui a toujours paru très secondaire. Aussi. ne s'est-il préoccupé que de réfuter une autre objection grave quon peut soulever contre sa théorie : c'est celle que l’on tire des rapports du physique et du moral.

Si l'âme est principe de vie aussi bien que de pensée, d'où vient que, loin de régler d'une façon parfaite l’action et l’état des organes, elle y laisse souvent s'introduire Île trouble et le désordre? D'où vient que les modifications du corps retentissent sur l'âme, que les facultés intellectuelles sont atteintes lorsque l'organisme souffre, qu'une lésion grave du corps force l'âme à en sortir ? Pourquoi, en un mot. l'âme est-elle affectée souvent par le corps, au lieu de le gouverner toujours ? Fernel n’a pas méconnu la force de l'objection, et, comme :l est naturel chez un médecin, il semble même avoir tenu plus de compte de l'influence du physique sur le moral que de l’action réc1proque du moral sur le physique. « Une lésion du cer- « veau, dit Brutus dans le De abdilis rerum causts, arrête « l'intelligence et abolit l'activité, et le bon exercice des « forces de l'âme dépend de l'intégrité du cerveau *. »

1. « [taque simplex quum sit, nec secerni, nec dividi, nec discerpi, nec « distrahi potest. Nec interire igitur » (Physiol., 1 Dachevn, pe 125): 2 De abdit. rer. caus., 1. 2, ch. 1v, p. 470.

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