RAPPORTS DE L'AME ET DU CORPS
La solution qu'il propose pour lever cette difficulté est peu satisfaisante, et permet de saisir exactement le côté faible de toute sa psychologie. Elle consiste à considérer sous un point de vue particulier la communication des substances.
D'après Fernel, 1l n'y a pas, à proprement parler, dépendance réciproque de l'âme et du corps. Entre deux substances ‘de nature aussi opposée, nul rapport direct n est possible. Aussi, lorsque l'âme ressent le contre-coup des souffrances du corps, est-ce sa substance même qui est atteinte ? C'est inconcevable, puisqu'elle est immatérielle et impassible. Sont-ce ses instruments qui sont endommagés ? Mais elle n’en a pas !. Que conclure ? C'est que le corps est pour l'âme non pas un instrument, mais un séjour convenablement approprié, faute duquel elle se trouve embarrassée. Il y a entre l’âme et le COrps un rapport de contiguïté, non un rapport direct de cause à effet.
@ Voici, dit Fernel, un ouvrier qui se porte bien; il « est enfermé dans une chambre; il n’a pas seulement « besoin, pour fare un bon travail, d'avoir à sa disposi- « üon les outils spéciaux ; il faut encore qu'il éclaire sa « chambre, et ne reste pas dans l'obscurité. Il en est de « même de l'âme. Tant qu’elle est retenue dans les « entraves du corps, elle a besoin, pour comprendre et «€ pour raisonner, de trouver en lui non un instrument, € mais un domicile commode. S'il vient à lui manquer, « elle n agit plus, ou travaille mal, ou enfin est forcée de « partir CE)
1. « Instrumentum illius violatum est? At nullum illi concedimus » (Physiol., ch. xvurr).
2. De abdit. rer. caus., 1. 2, ch. 1v, à la fin. Cette comparaison est chère à Fernel, car on la retrouve, en termes presque identiques,
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