‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 339 sur 345 · COMMUNICATION DES SUBSTANCES · texte numérisé non relu

COMMUNICATION DES SUBSTANCES

des intermédiaires, qui sont les facultés. Telle est la conception qui fausse toute sa psychologie, si lumineuse et si vraie d'ailleurs lorsque les exigences de la théorie préconçue ne l'égarent pas !.

Il s'est représenté les facultés comme différant à la fois de l'âme et du corps. Il semble qu’elles soient semi-matérielles, semi-immatérielles, comme ces « natures plas- « tiques » qu'on devait imaginer au siècle suivant pour expliquer la communication des substances. Elles ne sont pas l'âme, elles en sont les instruments. Elles ne sont pas le corps, elles en sont les moteurs. Ce n’est donc pas l'âme qui agit immédiatement sur le corps : elle met en jeu les facultés, qui à leur tour déterminent le mouvement des organes *. Et comme les facultés ne sont pas connues par l'observation immédiate, mais supposées par l'induction, il est difficile de résister à la tentation de multiplier leur nombre, et de concevoir comme causes efficientes de simples entités verbales. La spontanéité et l'activité de l'âme sont transférées aux facultés, et 1l s'ensuit que l'âme, domiciliée dans le corps, n y exerce aucune action directe. Quant à celle qui est exercée par le corps

1. Nul n’a mieux exposé les rapports du physique et du moral, et surtout l'influence du corps sur l’âme. Au 1. 6, ch. xv, de la Physiologie, il développe cette idée que l'âme est identique chez tous les hommes. Ce qui diffère, c’est la constitution, le tempérament. Et à ces causes congénitales il faut ajouter les modifications accidentelles dues à l’âge, à la maladie, etc.

2, Encore les facultés n'agissent-elles pas directement sur les organes. Même pour les âmes inférieures, il ÿ a toujours un intermédiaire, l'esprit. Fernel le déclare expressément, sous le couvert d’Aris- RENE COR Neque vero menti solum, sed et unicuique animæ parti « caducæ proprium spiritum attribuit » (Physiol., 1. #, ch. n1). Qu'on serappelle d’ailleurs la définition de l'esprit : « facultatum sedes et vincu- « lum » (Jbid.).

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