L'UNITÉ DE L'AME DANS FERNEL
Jui en faisaient une obligation. Il ÿ a réussi dans une certaine mesure, en tirant de l’aristotélisme lui-même une théorie qui le complète : 1l a étendu à l'intellect absolu les vues d'Aristote sur l’enchaînement des êtres de la nature, sur l'évolution universelle qui est leur loi. Il est arrivé ainsi à concevoir l’âme humaine comme placée au plus haut degré de la série naturelle, rassemblant en elle toutes les forces et les perfections des principes dont elle est la forme et l'acte. Rattachée au corps et à la matière par quelques-uns de ses attributs, elle atteint par d'autres la pensée pure, elle est la transition entre la nature el Dieu.
C'est là une conception conforme à l'esprit général du péripatétisme, et qui ne manque pas de grandeur. Malheureusement, elle repose sur une base chancelante. Fernel était médecin autant que philosophe. S'il ne méconnaissait pas l'importance et la noblesse de la r'Alson, il se refusait à y voir le tout de l'homme; 1l était peut-être plus porté encore à l'étude des fonctions vitales. Cette double tendance de son esprit se retrouve dans sa doctrine, et voilà pourquoi l'unité à laquelle il a tenté de ramener la pensée et la vie est une unité factice. Il n'y a pas à sy tromper : Fernel a fait les efforts les plus louables pour établir solidement le dogme de l'unité de l'âme; il y a maintes fois insisté, 1l a émis des proposiüions que ne désavoueraient pas les animistes les plus exclusifs. S'il n’a pas dit comme Stahl que l'âme a conscience de ses fonctions vitales aussi bien que de ses fonctions intellectuelles, 1l a attribué comme lui à l’âme une domination absolue sur tous les détails de l'organisme. Et cependant, ses préférences secrèles et peut-être inconscientes se font jour, et le dualisme du principe vital et de la pensée reparaît en dépit de tout. IT Tu