‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 39 sur 345 · FERNEL A CALAIS. MORT DE SA FEMME · texte numérisé non relu

FERNEL A CALAIS. MORT DE SA FEMME

fonctions depuis 1523 et qui était le doyen des médecins de Paris !. Mais lorsque, à la fin de l’année 1556, Louis de Bourges mourut, Fernel ne put reculer davantage, et il accepta, presque à contre-cœur, des fonctions qui, pourtant étaient lucratives, considérables, et constituaient pour lui le couronnement d'une glorieuse carrière ?. Il se consolait sans doute en réfléchissant que ses occupations à la cour, tout absorbantes qu'elles fussent, lui laisseraient encore assez de loisir pour poursuivre ses travaux. Malheureusement, il n’occupait son poste que depuis quelques mois, lorsque la guerre éclata entre la France, l'Espagne et l'Angleterre. Le roi emmena Fernel à l'armée avec lui, et ce fut ainsi qu'il assista au siège et à la prise de Calais. Le 8 janvier 1558, le duc de Guise reprit aux Anglais cette ville qu'ils occupaient depuis deux cent dix ans, et termina la guerre par cette action d'éclat.

Fernel n'avait cependant pas interrompu ses études, et il ne passait aucune journée sans écrire. Il avait commencé pendant la campagne son Traité des fièvres *, et 1l se flattait de l’achever dans la résidence paisible de Fontainebleau, où il était revenu avec la cour. Mais tout à coup, sa femme tomba malade, et mourut après vingt

1. Louis de Bourges était un personnage important. Né en 1482, fils d’un médecin connu, il fut, dit-on, tenu sur les fonts baptismaux par le duc d'Orléans, qui devint le roi Louis XIL. Il fut reçu docteur à vingt-deux ans. Il comptait donc à sa mort cinquante-deux ans de doctorat.

2. La répugnance que Fernel mettait à accepter ces fonctions témoigne en faveur de son désintéressement, car des avantages considérables y étaient attachés : le premier médecin était classé parmi les grands officiers de la couronne, il portait le titre de comte, avec prérogatives héréditaires. Il exerçait la haute juridiction sur l'exercice de la médecine et de la pharmacie dans toute la France, et nommait, dans tout le royaume les médecins-experts. C'était une source de gros revenus.

3. Ce sont les livres 4 et 5 de la Pathologie, publiés par Plancy en

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