‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 40 sur 345 · MORT DE FERNEL · texte numérisé non relu

MORT DE FERNEL

jours de souffrances. La cause de sa maladie fut, d’après Plancy, le chagrin qu'elle éprouvait de se voir séparée des siens. Elle parait avoir été une bourgeoise assez simple, plus attachée à l’argent que pouvait gagner son mari qu'à la gloire et aux honneurs. Quoi qu'il en soit, Fernel avait pour elle beaucoup d'affection : au témoignage de Plancy, il fut si vivement affligé de sa perte, qu'il tomba lui-même malade douze jours après, et que le mal fit de rapides progrès. Je ne raconterai pas en détail les phases de sa maladie, exposées par Plancy dans le jargon technique cher aux médecins du temps. Le fait est que, après des alternatives de mieux et de pire, il mourut au bout de dix-huit jours, le 26 avril 1558, d'un engorgement du foie.

Planey ne met pas un instant en doute que le chagrin qu'il éprouva de la mort de sa femme n'ait été la véritable cause de sa maladie. Bayle est plus sceptique, à son ordinaire. « Il avait, dit-1l, la rate en mauvais état; le cha- «grin venant là-dessus empira cetle mauvaise disposition, «€ d’où naquit une fièvre continue. Il ne serait point mort « si tôt, ni avec son mal de rate sans le chagrin, n1 avec « son chagrin sans le mal de rate !. » Ce qui est sûr, c'est que sa maladie et sa mort furent d'un honnête homme, sans défaillance comme sans forfanterie, et aussi

4. Dict. de Bayle, art. Fernel. — Cependant, le testament de Fernel, écrit deux jours avant sa mort, semble donner raison à Plancy. Il témoigne en même temps de la foi religieuse de Fernel et de son affection conjugale, puisque le souvenir de sa femme y revient deux fois : « a recommandé son âme à Dieu, à la glorieuse vierge Marie mère de « Dieu, à Monsieur Sainct-Michel archange, à Messieurs Saint Jacques et « Saint Christophe ses patrons et à tous saincts et sainctes du paradis. « eslit sa sépulture en l’église de Monsieur Saint-Jacques de la Bouche- « rie, au plus près de feue Mademoiselle Tournebulle, sa femme; veut « son convoy, service et funérailles estre faictes en la forme et manière « de feue sa dicte femme, ou mieux se faire se peult... » V. le texte complet plus loin, appendice I.

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