LA MÉDECINE SUBORDONNÉE A LA PHILOSOPHIE
« le vrai, ni en discerner le faux. Privés de son éclat, « toute leur vie se consume en efforts stériles. Les « choses ne présentent à leur esprit que désordre, agita- « tion et chaos. Ils sont dans le monde comme des enfants « nouveau-nés, qui hésitent sans cesse, pour quirien n'est « fixe, assuré n1 certain, que le moindre heurt fait chan- « celer.
« Mais ceux qui, animés pour la philosophie d'une « admirable ardeur, entreront dans la carrière où tant « d'hommes de génie ont marqué leur trace, ne s'ar- « rêteront pas aux notions qui nous viennent des sens. « Ils iront plus loin ; ils s’'avanceront par l'effort de la « réflexion, jusqu'aux idées qui expliquent et produisent « la connaissance sensible. De là, pénétrant peu à peu « plus haut, ils atteimdront par la pensée les régions où « l'esprit, satisfait, se repose dans l'absolu !. »
Voilà de belles paroles, dont l'accent solennel et presque ému indique une sincérité profonde. La nécessité de fonder la médecine sur la philosophie est pour Fernel un article de foi. Cette subordination étroite d'une science essentiellement dirigée vers des résultats pratiques à une science abstraite et spéculative a ses dangers, qu'on a maintes fois signalés. Ce n'est pas le lieu d'y insister, et nous n’aurons que trop souvent, au cours de ce travail, l'occasion d’en constater les inconvénients. Il est sûr que les médecins philosophes, élevés à l'école de la dialectique en Grèce et de la scolastique chez nous, se sont laissé aller à remplacer l'observation directe de la nature par le raisonnement et la discussion; 1l est sûr que, comme le dit Cabanis, « 1ls ont précipité la médecine « dans plusieurs hypothèses hasardées ; 1ls la firent passer