‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 49 sur 345 · LA PHILOSOPHIE DE L ANCIENNE MÉDECINE · texte numérisé non relu

LA PHILOSOPHIE DE L ANCIENNE MÉDECINE

« de l’empirisme aveugle au dogmatisme imprudent... On « peut même dire qu’elle parcourut en quelque sorte le « cercle entier des faux systèmes, qui régnaient dans les « diverses parties des connaissances humaines, et qui se « remplaçaient tour à tour !. »

Toutes ces critiques sont fondées, et nous en aurons d’autres encore à formuler. Ce qui importe pour le moment, c'est de constater que Fernel, praticien illustre, a voulu être et a été un philosophe. C’est cette philosophie que je me propose d'étudier avec quelque détail. La médecine du xvi° siècle est bien morte. La découverte de la circulation du sang lui a porté le premier coup, et les travaux des savants contemporains ont si profondément renouvelé la physiologie, qu'il n'y aurait qu'un médiocre intérêt, même au point de vue historique, à remuer les cendres d'une doctrine à Jamais disparue. Il n'en est pas de même des théories philosophiques qui servaient de base à cette ancienne médecine. Dégagées des conséquences pratiques que l’on en tirait, elles conservent leur grandeur et leur intérêt. La philosophie naturelle des médecins de la Renaissance est peu connue et rarement mentionnée. Elle mérite pourtant de l'être : elle a ses racines dans la philosophie grecque, elle sest constituée par l'apport successif des Alexandrins, puis des Arabes ; elle a, pendant trois siècles. inspiré des générations d'hommes éminents, qui ont été passionnément attachés à ses enseignements ; elle n’a pas été sans influence sur des penseurs comme Descartes. Il semble donc que. indépendamment de sa valeur propre, l'influence considérable qu’elle a exercée mérite qu'on lui consacre quelque attention.

1. Cabanis, Coup d'œil sur les révolutions et sur La réforme de la méd.,

Doit,

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