DOMAINE DE LA MÉDECINE
« humain. La vie est ce que les mortels ont de plus cher; « 1ls désirent avant toutes choses voir la lumière, grâce « à laquelle nous vivons, nous respirons, nous Jouissons « de la société de nos semblables. C’est le premier et le
« plus sublime présent fait aux êtres animés. Comment
« la science qui la conserve, la maintient et la défend ne « serait-elle pas la plus noble de toutes? L'homme peutil former un vœu plus ardent que celui de repousser « les ennemis les plus acharnés du genre humain, je « veux dire les maladies? Aucune richesse, aucune « fortune n'est préférable à une santé florissante : rien « n'est plus pénible, plus malheureux qu'une santé débile. € Celui-là donc qui peut venir en aide à ceux qui « souffrent, loin d’encourir l’inimitié des hommes. « mérite au contraire leur affection, et, selon Hippo- «crate, est digne d’être honoré comme un dieu !. »
Ïl y à bien là un peu de cette redondance oratoire dont Fernel est assez coutumier: mais, à travers ce langage presque emphatique, on sent la conviction profonde d’un homme qui croit à la science et à sa mission. D'ailleurs, il se fait de cette science l’idée la plus haute, et l’on comprend son admiration pour l’homme qui en es investi. Le domaine de la médecine est universel : elle étudie la nature et la structure du corps humain, le commencement et la fin de toutes choses, la composition élémentaire des corps matériels, les propriétés curatives des animaux, des végétaux et des minéraux, les révoluüons des astres, ie influence sur FR et sur le monde sublunaire. Si l’on veut bien peser les termes de cette énumération, on ne s’étonnera pas que Fernel ait traité dans son livre tant de questions qui nous paraissent aujourd'hui n'avoir qu'un rapport lointain