‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 55 sur 345 · LA MÉDECINE EST UN ART · texte numérisé non relu

LA MÉDECINE EST UN ART

qui lui paraît mieux convenir à tout le défini, et se prèter mieux à l'enseignement, C’est la fameuse distinction des choses naturelles, non naturelles, et contre nature, qui à servi d'aliment à tant de discussions pendant tout le xvr siècle. Il faut savoir gré à Fernel d’avoir dédaiïgné cette prétentieuse phraséologie. Cela est d'autant plus méritoire que, nourri dans les subtilités de la scolastique, il n'a que trop souvent cédé à son goût pour les distinctions verbales et les discussions de mots. Mais c’est, avant tout, un esprit judicieux et ferme ; quelle que soit l'importance qu'il attache aux études théoriques, il ne perd pas de vue que la médecine à un but bien défini, et qu’elle doit viser à l'action. Aussi, insiste-t-1l sur ce point, qu'elle est un art plutôt qu'une science. Quoiqu’elle ne puisse s'établir que sur des propositions théoriques appartenant à la science abstraite, elle n'est pas constituée par elles !.

« dicuntur, quæ naturam nostram constituunt, contra naturam quæ « eamdem destruunt, non naturales sunt mediæet indifferentes. Consti- « tuunt vero naturam nostram,elementa, temperamenta, humores, spiri- «tus, facultates et functiones. » (Riolan, Universæ medic. compendium, CHAN

1. Riolan y insiste beaucoup plus que Fernel, et expose en excellents termes la différence de la médecine et de la physique : « Ut autem «Plato præ foribus suæ scholæ inscribebat : Nemo huc ingrediatur igna- «crus geometriæ, ita possunt medici eos qui suæ artis mysteriis initiari «<ecupiunt statim in limine admonere : Nullus imperitus physicæ huc ferat «pedem. Ubi enim desinit physicus, incipit medicus. Medicina est ars «subalterna physicæ : primo, quia conclusiones Physicæ sunt principia «medicinæ : quæ demonstravit Physicus medicus assumit, tanquam certa «Cet indubitata, Secundo : quia subjectum medicinæ est tantum particula «subjecti physici, nempe corporis naturalis : an potius corpora physica «considerant medicus et physicus, sed ratione longe diversa : Physicus «absolute et per se, medicus prout sunt alimenta, aut medicamenta:; in «ibris simplicium considerantur ut medicamenta, in libris de alimentis « boni aut mali succi, ut alimenta, Fernelius in Physiologia eorum non «meminit, » (Riolani, Comment, de elementis, p. 3.)

Page 1