LES ANCIENS ET LES MODERNES
cette éternelle querelle des anciens et des modernes qui se retrouve à toutes les époques de l'histoire, Fernel ait été un partisan résolu des modernes. Il a composé à ce sujet un véritable mamifeste dans la Préface de son livre sur les Causes occultes.
« Il ne manque pas de gens pour prétendre que la médecine, inventée par les anciens, est parvenue à sa perfection, et qu'elle ne fera plus de progrès. Ils voudraient que les modernes suivissent les traces des anciens sans s’en écarter, comme on dit, d'un travers de doigt. Ce sont eux qui barrent la route à des découvertes nouvelles, et qui taxent de témérité les travailleurs appliqués à fonder quelque chose de nouveau, à confirmer la science antique ébranlée, à y ajouter ce que l'étude et le progrès nous ont appris, Ce qui manquait à l’antiquité faute de temps, non de génie... D'ailleurs, si les philosophes anciens s'étaient toujours tenus sur les pas de leurs devanciers, et dans les mêmes limites qu'eux, ils ne seraient jamais arrivés à une science approfondie de la nature ; la vérité, sur beaucoup de points, serait encore inconnue, et c'est à peine si nous aurions quelques faibles lumières en fait de philosophie naturelle. Si les hommes avaient toujours borné leurs efforts à édifier les arts et les sciences dont leurs pères avaient Jeté les premiers fondements, jamais les connaissances humaines n'auraient fait autant de progrès. S1 les découvertes qui n'étaient pas venues à l'esprit des anciens n'avaient pas été faites par leurs descendants, jamais de nouvelles clartés n'auraient brillé. Mais les philosophes ont suivi une autre méthode : ni les critiques de leurs détracteurs, ni le respect qu'ils professaient pour l'autorité des anciens ne les ont
détournés d'écrire. Tous ont travaillé à l’envi à ce que