L'IDÉE DE PROGRÈS
chaque génération produisit de nouveaux auteurs et de nouvelles sciences. Et, pour parler équitablement de notre époque, les arts el les sciences, après une nuit, ou plutôt une mort de douze cents ans, ont connu enfin une renaissance ; 1ls ont retrouvé, et au delà leur antique splendeur. Notre siècle n’a rien à envier à ses devanciers. L'éloquence, la philosophie sous toutes ses formes sont florissantes. La musique, les mathématiques, la peinture, l'architecture, tous les arts en un mot ont produit des chefs-d'œuvre qui ne le cèdent en rien à la perfection antique, si vantée. Etnon seulement le progrès des temps a perfectionné et accru les arts déjà inventés, mais encore 1l en a produit de nouveaux, dont les anciens, malgré tout leur génie, n'avaient jamais eu l'idée. L'antiquité a admiré Démétrius, et l’a surnommé « le Preneur de villes », parce qu'il avait inventé une machine de guerre. Quel nom plus glorieux devrait-on donner de nos jours aux inventeurs de ces engins que la bombe enflammée qu'ils lancent a fait appeler bombardes? Combien sont-ils plus puissants, plus rapides et plus terribles que les balistes, les onagres et les catapultes! Qu'y a-tl de plus utile à la diffusion des sciences que l'imprimerie ? Notre époque, ou celle qui nous a précédés, a découvert, à la place de la cire, de l'écorce du papyrus, ce papier qu'on appelait Fabien; ces procédés ont beaucoup contribué au progrès des lettres. Tout le monde sait que l’habileté des navigateurs, et non la curiosité, a permis de parcourir toutes les parties de l'Océan, de trouver des îles, de pénétrer au cœur de l'Inde, de découvrir, pour notre plus grand avantage, cel immense continent occidental, inconnu aux anciens, que l’on appelle le Nouveau-Monde. Les lois astrono-