‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 64 sur 345 · L'APOLOGIE DES MODERNES · texte numérisé non relu

L'APOLOGIE DES MODERNES

miques étaient mal connues de Platon, d’Aristote et des anciens philosophes. Ptolémée les mit en lumière apres eux; et cependant, s’il revenait au monde, il ne reconnaîtrait plus la géographie, tellement les découvertes maritimes de notre temps ont transformé le monde. J'y ai moi-même apporté ma part d'aide et d'invention, par l'observation des heures équinoxiales, qui permettent, en quelque lieu qu’on se trouve, d'en déterminer la longitude !. Et cela, si Je ne me trompe, Je ne l’ai pas tiré de la source antique, mais de mon propre fonds. De quelque côté que l’on se tourne, l’on reconnaîtra que les modernes n’ont pas dégénéré, mais que leur talent et leur travail ont augmenté l'héritage des sciences antiques, et en ont trouvé de nouvelles. Pourquoi donc refuser à notre époque le droit d'innover? Les choses que nous ne comprenons pas sont en nombre infini. Mais on ne saurait prétendre que l'esprit humain soit en décadence. Pourquoi done avoir si mauvaise Opinion de notre temps que de le croire incapable de résoudre un seul problème ? Pourquoi attribuer à ce siècle tant de lenteur et d'inertie qu il ne puisse enrichir d'aucune nouveauté le domaine de la science ? Tout esprit éclairé qui, au lieu de s’engourdir dans l’oisiveté, consacrera à l'étude son temps et sa peine, pourra parcourir la même carrière que les anciens, et marcher sur leurs traces. Aidé de leurs observations, il pourra faire progresser les sciences déjà connues, et en fonder de nouvelles, utiles à l’humanité. De même que les choses dérivent les unes des autres, et que les plus grands fleuves sont formés par

1. Allusion au passage de la Cosmotheoria dans lequel il expose

comment il a déterminé la longueur du degré de latitude entre Paris et Amiens,

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