LA LIBERTÉ DE PENSER
« dé modestes sources, de même les arts et les sciences « constituent une série ininterrompue, où tout se suit et « s'accorde. Qu'il me soit permis de dire franchement « ma pensée : ceux qui prétendent que les anciens ont « tout su et tout épuisé n'ont pas moins tort que ceux qui « leur refusent une première connaissance des choses, et « qui veulent les oies de toute science. »
Et plus loin : « Hé quoi ! Il ne nous serait pas permis « de développer pa idées d'Hippocrate, et de perfection- « ner l’ancienne méthode de guérir! Nous attacherons- « nous éternellement à ces vieilleries ? Ne chercherons- « nous jamais à respirer un ar moins épais, et à nous « affranchir de cette ténébreuse prison par un élan vers « Ja lumière ? Ne voudrons-nous jamais nous élever par « l'effort de la pensée à la contemplation des choses divines « et mystérieuses 1? »
Voilà certes une énergique revendication en faveur du progrès et de la liberté de penser. Malheureusement, si on y regarde de près, l'on est contraint de reconnaître que ce n’est guère qu'une brillante amplification oratoire, un lieu commun comme en ont maintes fois développé les auteurs même les moins enclins à s'affranchir de l’autorité et de la tradition. Rien ne produit meilleur effet dans une préface que ces déclarations d'indépendance. Nul des modernes n'y à manqué ; c’est un thème particulièrement familier aux hommes de la Renaissance ; dès l'antiquité, les compilateurs ‘qui 'rédigeaient des abrégés de Galien ne se faisaient pas faute d’affirmer leur Or1g1nalité. Aussi, ne faut-il pas prendre à la lettre les protestations de Fernel. En réalité, la méthode qu'il prétend appliquer renferme un véritable cercle vicieux : 1l veut