EXEMPLES TL
Galien a cru « que la veine pulmonaire, à savoir le vais- « seau qui ramène le sang du poumon au cœur content « de l'air! ». Tous les physiologistes qui l’ont suivi ont admis sur sa foi que l'air passe du poumon au cœur par la veine pulmonaire?. Et pourtant, il eût suffi, pour reconnaître cette erreur, de répéter l'expérience par laquelle Galien lui-même avait démontré contre Krasistrate que les artères contiennent non de l'air, mais du sang. Mais le temps de l'expérimentation n'est pas venu. On se borne à citer les expériences de Galien, sans les refaire, sans les compléter, surtout sans en imaginer d'autres. On s'appuie volontiers sur l’'aphorisme d'Hippocrate pour déclarer que « l'expérience est trom- « peuse », el, sans se souvenir qu'il ajoute immédiatement « le raisonnement est difficile », on raisonne sur des hypothèses, on argumente et on subtilise sans fin ni mesure.
Et ce respect superstitieux pour Galien est d'autant plus extraordinaire qu'il s'attache à la lettre, nullement à l'esprit. Il est contraire à toutes les tendances de Galien lui-même, caractère original et indépendant s'il en fut, Qu'il doive à Hippocrate et à Aristote une grande part de ses idées, cela est certain. Mais, ainsi qu'il le déclare lui-même, il n'a pas hésité à se séparer d'eux toutes les fois que ses propres observations l'ont amené à croire quils s'étaient trompés. Il professe expressément que,
« minoribus quidem velut membranam, mediocribus velut cartilaginem, «€ majoribus (ut elephantis, bobus et hominibus) os cartilaginosum.. » (J. Fern. Physiol., L. 1, eh. vrrr.)