TENTATIVES ISOLÉES DES ALCHIMISTES
trois expériences mieux faites ! Et quatorze siècles s’écouleront sans que personne ait l'idée de les refaire. Et lorsque des audacieux viendront enfin qui voudront reprendre la vraie méthode de Galien et continuer son œuvre, il y aura des résistances acharnées, des clameurs d'indignation s’élèveront de loutes parts, et il faudra cent ans de luttes incessantes pour que la vérité triomphe enfin.
Chose remarquable : s'il y a eu, pendant cette longue période de stérilité scientifique, quelque voix qui se soit élevée pour réclamer le droit à la Hiberté de penser, sl s’est fait çà et là quelque découverte de détail, c’est grâce
à quelqu'un de ces déclassés qui vivaient, toujours errants, en dehors de la science officielle et de la société régulière : des 1lluminés comme Raymond Lulle, des hallucinés comme Van-Helmont, des hérétiques comme Servet, des révolutionnaires comme Paracelse, dont on ne sait s’il avait du génie ou s'il était fou l, Quant aux
« moindre idée de la grande, Il n’y a pas un texte de Galien, pas une « des dispositions anatomiques qu’il invoque ou qu'il imagine, qui ne « soient un obstacle à la circulation. Toutes les voies sont occupées à « autre chose, toutes les issues sont closes ou maladroitement ouvertes, « tous les postes sont gardés, avec défense expresse, de par les causes « finales, au sang de circuler. » (Hist. des sc. médic., t. Il,.p:586/)810 n’en reste pas moins vrai que si la physiologie de Galien est souvent hypothétique, il avait, par ses expériences, ouvert la voie à la méthode scientifique, délaissée après lui.
4. « Une chose assez remarquable, c’est que ceux des alchimistles « qui étaient le plus infatués de leurs prétentions folles, ont eu pourtant « des idées saines, ou plutôt des vues heureuses en médecine. Dans le « temps que les écoles s’enfonçaient de plus en plus dans les préjugés « scientifiques du galénisme et du péripatéticisme médical, les alchi- « mistes, par l'impulsion d’un génie hardi, peut-être aussi par le besoin « que ces esprits, avides de conceptions extraordinaires avaient de suivre « des sentiers non battus, commençaient à pressentir les véritables « principes de l’économie vivante. Ils avaient déjà reconnu qu'il est
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